" pasdaccor " : nos E-mail sous surveillance

 

Cyber-surveillés,

les gérants-mandataires sont dans une situation pire que des salariés "sous contrôle" !

 

1/ le constat

Certains jours nous ne recevons aucun E-mail y compris lorsque l'un d'entre nous fait un test en s'écrivant à lui-même.

Parfois on remarque l'arrivée d'un message horodaté qui est antérieur au passage précédent pour "relever" le courrier.

Des pannes peuvent exister, les techniciens de maintenance peuvent être absents ou débordés...

mais ceci n'est pas le véritable objet de nos préoccupations.

Nous avons eu connaissance de difficultés relationnelles, voire contractuelles GRAVES, du seul fait que certains ont exprimé clairement leur opinion, par E-mail, notamment à propos de procédures en cours !

 

 

2/ Comment fonctionne un flicage de nos E-mail ?

Si un message était acheminé par le réseau téléphonique à l'aide d'un modem, il n'y aurait aucun moyen technique simple pour le groupe qui nous dirige de l'intercepter en interne (il faudrait placer la ligne téléphonique sous interception puis mettre en place un dispositif spécifique non disponible sur le marché grand public).

Par contre, il convient de souligner que tout nos messages transitant par un serveur de messagerie, un contenu peut en tout état de cause être accessible à certains opérateurs : lorsque le message emprunte le réseau de l'entreprise, le message laissera des traces en deux endroits : sur le serveur où sont stockés les messages ou sur le pare-feu qui peut les filtrer.

Dans le cas du serveur, l'administrateur de la messagerie et le personnel d'exploitation peuvent techniquement lire le contenu d'un message, pourvu qu'il ne soit pas crypté, au même titre qu'ils peuvent lire n'importe quel fichier du serveur.

C'est la différence fondamentale entre un appel téléphonique et un message électronique. L'appel téléphonique est volatil et s'achève aussitôt le combiné raccroché. Le message électronique lui, repose d'une part dans le disque dur de l'utilisateur et, d'autre part, trace en est conservée sur le serveur ;

de plus, des programmes peuvent également être écrits, sans difficultés particulières, pour "traiter" à des fins de surveillance et selon des critères tels que : des mots clefs, la référence du destinataire, la présence et/ou le volume du fichier joint, le format (texte, image), le contenu des messages.

Quant au pare-feu, de par sa fonction, il permet de faire une surveillance en continu de ce qui entre ou sort de l'entreprise ;

il peut être programmé pour filtrer et surveiller le contenu des messages, détecter les virus, etc.

 

Il faut noter le cas où il n'y a ni serveur, ni pare-feu internes à l'entreprise : si celle-ci choisit d'héberger la totalité de sa messagerie à l'extérieur. Dans ce cas l'entreprise ne peut exercer une surveillance sur la messagerie qu'en passant un accord commercial avec son hébergeur. On rencontre également des situations mixtes, combinant un serveur de messagerie interne à l'entreprise et une messagerie hébergée à l'extérieur.

 

3/ notre conseil

Ne soyez ni parano, ni laxiste dans votre utilisation de ce merveilleux outil de communication.

Retenez que des opérateurs totalement indépendants vous offrent des tas de solutions pour créer GRATUITEMENT votre adresse personnelle confidentielle... pourquoi vous en priver ?

Par contre, songez à nous glisser un petit message, si vous souhaitez recevoir ainsi, confidentiellement, nos prochains messages.

 

 

Mercredi 28 mars 2001, la Cnil (commission nationale informatique et libertés ) a rendu un rapport sur "La cybersurveillance des salariés dans l'entreprise".

Le rapport d'étude de la Cnil est le résultat de deux ans de travail auprès des syndicats, employeurs et experts informatiques. Il fournit des indications et des pistes de réflexion sur l'utilisation du web et du courrier électronique sur le lieu de travail : techniques de traçage de l'activité du salarié, droit et jurisprudence, recommandations d'autorités européennes de protection des données personnelles (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas).

Dans une interview à www.service-public.fr , Hubert Boucher, vice-président délégué de la Cnil précise que " Le travail de la Cnil est en ce sens stratégique puisqu'il donne la possibilité de débattre dans l'entreprise de la cybersurveillance. Les principes selon lesquels la Cnil a travaillé sont la loyauté et l'idée d'un usage à des fins raisonnables des nouvelles technologies. Les relations entre les employeurs et les salariés doivent se fonder sur un contrat de confiance qui n'engendre pas un contrôle systématique du travail et des sites consultés. Le réseau mondial peut présenter un danger pour l'entreprise. Mais il est évident que laisser le salarié utiliser le web à des fins personnelles lui apporte une respiration intellectuelle. L'employé a besoin de souffler. Les vrais enjeux doivent être posés sur la table, en dehors d'un climat de guerre découlant d'une mauvaise connaissance des nouvelles technologies. "

Le rapport entend poser quatre questions :

1. En quoi les technologies en réseau seraient-elles de nature différente que les précédents outils mis en place dans les entreprises ?

2. Quelle est la part de la vie privée et des libertés individuelles garantie aux salariés qui sont liés à l'employeur par un contrat de travail qui est d'abord lien de subordination ?

3. Quel usage à des fins privées d'outils mis à la disposition des salariés par leur employeur est-il admis ?

4. Y a-t-il des limites au contrôle et à la surveillance que les employeurs peuvent exercer sur les salariés ?.

Des éléments d'inquiétude : le traçage est inhérent à l'informatique. Certaines applications ont, par nature, vocation à fournir à l'entreprise, par traçage informatique, le moyen de prouver la réception des ordres envoyés par la clientèle, l'accomplissement d'une prestation ou l'exécution d'une procédure. Dans de nombreux cas, l'application informatique n'est qu'un système de traçage à l'état pur, se surajoutant en quelque sorte à une opération manuelle ou intellectuelle.